Simon Brault's Remarks / National Arts Service Organizations' Annual Meeting

Simon Brault's Remarks / National Arts Service Organizations' Annual Meeting

Posted 20 October 2014 by Simon Brault, O.C., O.Q.
Simon Brault

The original speech was delivered in English and in French. The full translations will be posted later this week, but the discussion can start now. Share your comments.


Good morning everyone, bonjour à toutes et à tous,

Introduction

Ce matin, en arrivant, j’éprouvais une fois de plus le sentiment de familiarité qui m’habite depuis mon arrivée à la direction du Conseil, le 26 juin dernier. En effet, je connais bon nombre d’entre vous, vos organismes, et, probablement, plusieurs des artistes que vous représentez. J’avoue que j’ai un lourd passé culturel et je ne m’en cache pas.

J’ai beaucoup appris de mes 10 années à la vice-présidence du Conseil et au cours de mon long directorat à l’École nationale de théâtre. J’ai aussi beaucoup appris des nombreux projets auxquels j’ai pris part. Je vous en épargne la liste : je crois que vous me connaissez bien. Mais, comme vous le savez, je ne suis pas qu’un simple un observateur. J’ai souvent réfléchi à la situation des arts et de la culture. J’ai écrit sur la question, donné des conférences et participé à des forums de discussions. J’ai aussi cherché — et je continue — à être fidèle à une approche préconisée par le sage Edgar Morin : « La façon de penser complexe se prolonge en façon d’agir complexe ». Morin soutient que la pensée complexe englobe les trois modes de pensée : critique, créative et responsable. La pensée critique est sensible au contexte. La pensée créative est orientée davantage vers des résultats et elle est autotranscendante (synthétique). La pensée responsable est une pensée qui présuppose une communication dialogique, une ouverture à l’autre et aux divergences et une volonté de transformation.

J’ai toujours essayé d’aborder les enjeux liés à la présence de l’art et de la culture dans notre société en recourant à la pensée complexe et à ses composantes critique, créative et responsable. J’ai souvent eu l’occasion de partager mes observations et conclusions avec les milieux que vous représentez et de m’engager dans l’action complexe, une forme d’action qui refuse le simplisme, le dogmatisme et les oppositions irréconciliables, tout autant que les consensus mièvres qui ne durent que le temps de les énoncer. Aujourd’hui, je suis extrêmement honoré et emballé de pouvoir continuer à cheminer avec vous et avec le milieu artistique professionnel à titre de directeur et chef de la direction de ce Conseil des arts du Canada dont l’avenir et l’impact seront déterminés par sa capacité à demeurer pertinent, rigoureux, responsable, légitime….et complexe dans sa façon de penser et d’agir. Et je vous rappelle ici que complexe ne signifie pas compliqué…bien au contraire.

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This is the first year that I join your meeting as Director and CEO of the Council. But it’s the ninth meeting you’ve held as a group. You first came together to create shared messages and objectives, and to build on your collective strength. Since then the arts sector has experienced a sea change.

Nine years ago, the threat of a global recession was beginning to emerge. Social media was non-existent. The iPhone was still a rumour. But, today technological innovations have reordered our professional and personal relationships in every social sphere and in every aspect of our private and public life.

In those nine years, this group and the members you represent, have lived through tremendous transformations that have altered the way you practice and evaluate art, raise funds, engage with the public and collaborate with each other.

I understand the monumental challenge that this poses. I lived it at the National Theatre School — tasked with preparing brilliant and completely dedicated students for the reality of today... and that of the future. I continue to live it here at the Canada Council. It’s our responsibility to support artists today, while planting the seeds for a vibrant arts scene tomorrow.

The theme of your meetings this year is research. This is an extremely important topic in preparing the arts sector to transform itself to meet the complex challenge of relevance and meaningful presence in our society.

I want to recognize the excellent work of the organizing committee in preparing such a rich program that promises many insights and opportunities to discuss trends and share best practices.

From my perspective, when I look beyond today’s meeting, beyond the topic of research, I see two important threads running through your work: connections and innovation.

The connections you make here are key to building a strong sector. By this I include the connections that you make with each other; with your members; with the public; and with other influencers outside this room. Coming together within and beyond the arts community is imperative, now more than ever with the absence of a federal umbrella group. It is in this strong web of interconnections, where diverse strengths, perspectives, and voices meet, and where innovation grows. And it is innovation that will provide the key to surviving and thriving in today’s challenging environment.

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L’an dernier

Comme vous, j’ai fait mes devoirs avant de me rendre ici ce matin.

J’ai lu avec intérêt le rapport de votre dernière réunion et les résultats du sondage. Votre aspiration à assumer un leadership actif pour la défense des arts et votre volonté de collaborer en ressortent clairement. « Échanger pour maximiser son impact » : encore une fois, je me suis senti en terrain familier.

Nous devons partager nos connaissances pour mieux appréhender la réalité complexe dans laquelle nous évoluons. Et je sais que, comme moi, le mot changement vous vient à l’esprit. Nous y revoilà.

J’aimerais revenir sur cette idée de changement. L’an dernier, cette notion vous a permis de saisir avec acuité la réalité dans laquelle nous évoluons et les ressources dont nous disposons pour évoluer au sein de cette réalité. Les changements sont nombreux — économiques, démographiques et technologiques — et nos ressources nous semblent à la fois limitées et surutilisées.

Nous devons comprendre les différentes composantes de la réalité de ce pays et analyser le contexte international dans lequel nous évoluons. Nous ne devons pas seulement réagir, mais aussi prévoir. Il nous donc faire corps avec le changement. Et nous le faisons tous, chacun à notre façon : en effectuant des recherches, en établissant des partenariats, en améliorant nos communications. Il ne faut cependant pas confondre changement et innovation. Peter Drucker a bien résumé cette distinction en disant:   L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une occasion à saisir ».

Notre leadership et notre influence sur les discours et les décisions politiques et publiques reposent sur notre intelligence collective des enjeux et des contextes et supposent une mobilisation exceptionnelle pour promouvoir les valeurs qui nous unissent, ces valeurs qui transcendent nos différences, nos spécificités et nos désaccords tactiques. Nous devons nous mobiliser pour que les artistes disposent des ressources et des appuis pour créer et repousser les limites actuelles de l’art et de la culture. Plus encore, nous devons nous mobiliser pour que les décideurs saisissent, apprécient et soutiennent davantage la vie artistique sans laquelle notre société manquerait d’air et de capacité à se questionner et à se réinventer. Nous devons nous mobiliser pour que la population bénéficie des arts et ait un accès élargi aux arts et à leur pouvoir émancipateur. La création artistique est une source capable de remplir encore et encore le réservoir d’innovation dont nous avons tant besoin pour faire face à un avenir aussi inquiétant que rempli de promesses. J’y reviens donc : mobilisation et innovation.

 

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Innovation

Today, networked technologies are not only enabling new ways of working, but they are engendering new social behaviors based on different values than those which have shaped us in the past.

In the artistic and cultural sphere, this revolution manifests in many ways: the radical remaking of the photographic arts; the sudden rise of a creative idiom — gaming — that now employs more sound artists, animators, visual artists and ludic storytellers of all kind than the mainstream film industry; the implosion of the recording industry and the undermining of the publishing industry; the rise of wildly popular new forms of networked artmaking and art distribution, including crowdsourcing, file-sharing, fanfiction, net art, mashups, VJing, blogging, sampling, psychogeography, virtual exhibitions, indie games, webisodes, augmented reality apps, Second Life, DeviantArt, demoscene, Vines, GIF exhibitions, hackathons, remixes, flash mobs and many, many more.

In each of these cultural practices, as in so many other emerging forms, familiar models based on fixity, ownership and authorship are being displaced by art forms, aesthetics and artistic professions based on iteration, access and participation.

As a result, institutions face the challenge of quickly, courageously and effectively aligning their discourse and communications, their expectations, their structures, their operational processes, and their work in order to stay relevant and responsive to emerging social norms.

The question for me is: how can we engage with this new world and find ways to support new and unpredictable quests for artistic excellence without sacrificing the artists and organizations that we have worked so hard to support in the past.

Doing a little more of the same is less and less an option. Innovation becomes an urgency.

Obviously, innovation is a term that’s in danger of being overused. But if it’s ubiquitous, it’s only because it’s top of mind in every sector. I believe that we in the arts have an innovation advantage. Artists bring their open minds, perceptiveness, empathy, creativity and analytic skills to make sense of the world around them and to find solutions.

A couple examples to illustrate this:

  • Changing demographics means that more and more cultural diverse artists are leading their own organizations, touring and launching festivals that attract cross-cultural audiences.
  • Also in response to changing demographics,  orchestras are reaching out to young and diverse audiences. That’s why many are visiting classrooms and community centres, bringing the public behind the scenes, and offering training in non-western instruments.
  • Festivals depend on community engagement. So many are drawing on their community’s unique assets, such as ships’ horns in the harbor and car horns in a “car horns opera.”
  • A lack of performance venues is a problem in some communities. So artists are moving their acts to city streets, rural living rooms, greenhouses — even bakeries
  • More and more people connect, converse and create on social media. And the arts sector is responding with tweet seats, YouTube performances and online art collaborations.

This is just the tip of the iceberg of course. And I know you can all point to innovative projects from your membership. My point is we can all bring this same openness to our work. We can seize the innovation advantage. Innovation begins in understanding: the need to understand where we are in order to find creative ways to move forward. That is, of course, what is driving the “research” theme of today’s meeting.

We need deeper insights into what works and why. We need to share our data so that others can sift through it for answers. We need to visualize our data more imaginatively and more usefully. And we need to report back to Canadians more consistently and more powerfully about the extraordinary impact of our work — work that reaches millions of Canadians annually in thousands of communities. Tomorrow you’ll see a couple examples of how the Canada Council is addressing this challenge: through an interactive infographic that shows who is dancing in Canada, where and why.

In our work to measure the benefits of the arts and in our efforts to adapt to new realities, we can’t lose sight of the core values of the arts. The intrinsic benefits that are difficult to quantify. Robyn Archer, Deputy chair of the Board of the Australia Council for the Arts, eloquently described these as she sees them. She said (and I quote): “The core values of the arts are awe, wonder, the stimulation of curiosity and of the creative muscle, the alchemy of imagination, the stimulation of emotion in many a dulled existence and the enlivening of the lazy synapses in our much under-used brains.”

It’s an inspiring and empowering statement. It’s at once intensely personal and surprisingly universal. When we embrace these values, we give ourselves permission to be more ambitious, to claim the arts legitimate place in society. They give us the courage to insist that it is the life of the imagination, nurtured by the arts and culture, that gives meaning to life and to society.

I realize this is aspirational... We’re not quite there yet. So I’ll step back and talk a bit about how we’ve been addressing change at the Canada Council in challenging times...

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Changement et plan stratégique

J’aimerais donc revenir sur le plan stratégique 2011‐2016 du Conseil. L’exécution de ce plan a permis jusqu’à maintenant de commencer à répondre à un triple défi :

  • premièrement : continuer de reconnaître l’excellence et la performance des organismes déjà soutenus dans un contexte de croissance zéro de l’enveloppe globale des subventions;
  • deuxièmement : ouvrir davantage la porte aux compagnies montantes et aux pratiques artistiques émergentes, et aussi un meilleur accès à certaines communautés artistiques qui sont encore mal desservies et qui sont pourtant une force novatrice importante de l’écosystème artistique;
  • troisièmement : transférer des ressources en faveur de l’accès à l’international dont nous avons promis de doubler progressivement l’enveloppe (de 5 à 10 millions).

Évidemment l’annonce de la revue de nos programmes a soulevé quelques inquiétudes et peut-être même certaines inquiétudes qui auraient pu être considérablement réduites si nous avions été plus clairs et plus rassurants.

En effet, depuis presque deux ans, on a présenté au milieu artistique, à nos partenaires et à nos employés tous nos projets, consultations, décisions, ajustements et initiatives comme autant d’éléments de ce « Change Agenda » — cette prise en main du changement — dont l’ampleur et les finalités exactes sont devenues, au fil du temps, des sujets de spéculation sinon de crainte et d’angoisse. Je crois qu’il faut ajuster le tir, changer de ton et opter pour davantage de clarté dans nos communications et nos consultations. C’est ce à quoi je me suis attaqué dès mon entrée en fonction au Conseil, à l’interne comme à l’externe.

Je crois en effet que nous avons le devoir de définir le plus clairement et le plus rapidement possible les changements que nous envisageons, même dans un contexte de consultation et de discussion ouverte avec les artistes ou avec nos partenaires. Nos hypothèses de travail doivent être suffisamment développées pour que tous puissent en évaluer la portée, formuler des critiques et des propositions, et les bonifier.

Cela dit, je ne crois quand même pas que l’exécution du plan stratégique nous ait plongés dans une profonde et mutuelle incompréhension. Je poursuis ici la même conversation entreprise depuis deux ans et j’essaie d’être le plus clair possible. L’exécution de notre plan stratégique, qui prendra fin en 2016, aura marqué un point de non-retour. Cela signifie que, comme nous sommes un organisme public, nos services et subventions doivent être accessibles à l’ensemble de la communauté artistique. Nous avons mis de l’avant des partenariats avec certaines communautés : notamment les artistes handicapés ou sourds, les artistes de la diversité culturelle, les artistes autochtones et les artistes du Nord. Nous devons gérer les fonds publics avec efficience, appuyer efficacement l’innovation artistique et maximiser les occasions d’accès aux arts et à leur bienfait.

Concrètement, nous devons appuyer les pratiques émergentes, permettre aux artistes de saisir les occasions d’explorer de nouveaux marchés, assurer la succession de la génération (tout aussi vieillissante que moi) qui est présentement à la tête de très nombreux organismes et démontrer notre capacité de gérer davantage des fonds publics à l’avenir pour répondre à des besoins grandissants. Nous devons faire preuve de souplesse.

Nous ne travaillons pas à la préservation et à l’immuabilité de nos programmes dans leur forme actuelle. Nous travaillons à toujours mieux repérer et soutenir l’excellence et l’innovation artistiques pour le bénéfice, le développement et l’évolution de la société. C’est donc dire que, à l’instar de nombreux autres conseils des arts ici au Canada et ailleurs dans le monde, nous avons l’ambition de simplifier radicalement nos processus administratifs pour que les artistes et les organismes consacrent leur créativité et leur énergie plus à la pratique artistique et aux interactions avec le public et moins à se dépêtrer dans le dédale de nos trop nombreux programmes. Nous voulons renforcer et optimiser notre système d’évaluation par les pairs et renforcer notre capacité à démontrer l’impact de nos investissements au cœur de l’excellence artistique et en faveur de son rayonnement accru dans la société.

Engagement du public

Le mandat du Conseil est clair : « Favoriser et promouvoir l’étude et la diffusion des arts ». Mais dans le nouvel environnement actuel, la réalisation de ce mandat représente à la fois un défi considérable et une formidable occasion d’innovation. Et le chantier que le Conseil a lancé sur l’engagement du public envers les arts est prometteur. Il nous force à innover en collaborant avec les artistes et les organismes que nous soutenons ainsi qu’avec une multitude de partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux qui sont préoccupés par les enjeux de transmission de valeurs, d’éducation, d’inclusion et de maintien de la cohésion communautaire et sociale essentiels au développement et à la prospérité individuelle et collective. Ce chantier est rassembleur.

L’engagement du public envers les arts est appelé à devenir un objectif et une approche stratégiques, qui dépassent de loin les préoccupations immédiates liées à la fréquentation des arts subventionnés. L’engagement du public envers les arts ne doit surtout pas être présenté ou perçu comme la dernière tentative pour sauver l’excellence artistique et les grandes institutions d’un naufrage appréhendé!

L’engagement du public, c’est une prise de conscience constante et collective de la valeur des arts. Sur le terrain, cela prend différentes formes. Je vous invite à lire la série de billets sur le blogue du Conseil. L’engagement du public permet de souligner le rôle fondamental des arts dans nos vies. L’engagement du public envers les arts relève d’une préoccupation démocratique de premier plan. Ultimement, l’engagement du public, c’est cette conscience aiguë et commune de la dimension culturelle de notre développement. L’engagement du public vise à enrichir l’expérience de la citoyenneté en optimisant et en facilitant l’accès, la fréquentation, la participation, l’échange et l’expérience de la création artistique poussée à son plus haut niveau de maîtrise et d’excellence. Il s’agit de convaincre les élus et la société civile de renouveler un pari réaliste et perspicace : celui de miser sur l’art et la culture comme vecteur du développement du plein potentiel créatif des individus, des communautés, des villes et du pays.

Pour poursuivre le déploiement de ce chantier, nous devons nous mobiliser, et je crois que le mouvement est amorcé. Mais, nous aurons aussi besoin de ressources additionnelles. Et nous n’avons pas besoin de ressources additionnelles, parce que nous voulons réinvestir pour revenir là où nous étions. Nous voulons des ressources additionnelles:

  • pour que  les arts contribuent pleinement au mieux-être de tous les citoyens et à l’avancement intelligent et juste des politiques gouvernementales;
  • pour que  les arts contribuent au développement économique, social, civique et démocratique du Canada; et que les arts expriment le potentiel novateur de notre société à l’échelle du monde;
  • pour que le Conseil puissse poursuivre son travail visionnaire, exemplaire et singulier de soutien à la pratique artistique autochtone, de promotion de l’équité et de soutien à la diversité.
  • pour que les arts stimulent l’économie créative avec ses immenses ressources renouvelables et la pleine diversité de ses ressources.

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I realize that the idea that the Canada Council is championing public engagement still makes some of your members nervous. But it’s more important than ever, now when the very foundations of modern cultural policy are being challenged. It means that we must highlight all the more emphatically our fundamental values.

For us at the Canada Council, this means we must reiterate our commitment to artistic excellence and its promotion across the country. We must ardently recognize professionalism. We must defend our conviction that peer assessment the best system for attributing public funds. We must do so in a persuasive manner for the arts and organizations we support, for our partners, and for the general public. This is why we exist. This is what drives the government’s demands of us — and Canadian citizen’s expectations of us.

We need people to understand the scope and relevance of our mandate and we want them to sense our optimism and determination to achieve it. This fall, while the Council continues to carry out all its regular duties and responsibilities — the grants process, financial administration, governance, information management, accountability and research —  we are looking ahead to 2017, planting the seeds for a larger role for ourselves and the arts.

Why 2017? Because, as you know, Canada will celebrate the 150th anniversary of Confederation in 2017. It’s a major milestone in the history of our young country. It’s a time to celebrate Canada’s strength, identity and sovereignty... and to envision our future. I believe it’s a time for big ideas.

Many of us in this room will remember the excitement around Canada’s centennial celebrations… the optimism and confidence in the country’s developing identity. Fifty years later, some may say we are a more pessimistic, if not cynical country. But I believe that we are, more than ever, hungry for big ideas and vision. The sesquicentennial is an opportunity to tell the story of this country today. A chance to highlight, for ourselves and the world, the remarkable diversity and creativity that defines us as Canadians. Rather than a time for nostalgia, it’s a time to imagine the future. The story we want to tell when we celebrate our 200th anniversary...

The federal government’s investment in the arts and culture over the past 50+ years has paid great dividends. Canadians now hear, see and experience Canadian art across the country. Our artists are loved and celebrated at home and abroad. Our country is a rich wellspring of artistic expression that includes diverse voices from new Canadians, Aboriginal and linguistic communities.

For the Canada Council, 2017 is an opportunity to demonstrate the wealth of knowledge, expertise, networks and credibility capital that we’ve established, and how this firmly positions us to influence the future.

In an increasingly fragmented world, people are looking for ways to connect and belong. The arts can provide a safe space for disparate groups to come together. The Council’s visionary and unique work of supporting Aboriginal arts practices, equity and diversity has highlighted the unique challenges facing marginalized communities. Our work has opened doors for ongoing collaboration with artists and administrators from these communities, and ways to build bridges with mainstream communities.

Sustainability is a major concern in every sector — and the arts sector is no exception. As our world becomes more digital and as the baby boomer generation eases into retirement, we need to make a place for youth in our support of artistic creation and public engagement. At the Canada Council, we will focus on continuing to encourage and welcome emerging artists — through our grant programs and by including them on our juries.

Finally, at a time when the world is looking for innovative solutions to complex and interconnected problems, creativity in all sectors, and at all levels, is more important than ever. But creativity needs to be nurtured. I believe that governments have a responsibility to create the conditions for creativity and innovation to thrive. I believe this starts with ensuring a healthy arts sector that touches all Canadians — and I’m sure this is a sentiment we can all support.

Before I wrap up my remarks and you continue with your meetings, I want to leave you with some final thoughts.

There is a tremendous wealth of knowledge and expertise in this room. Together you represent 50 organizations, 140,000 artists and arts organizations, all arts disciplines, all regions of the country. You are a powerful leverage as the country approaches another federal election.

I encourage you to make the most of this gathering to discuss ideas, share best practices, define unique strengths and common messages. Keep thinking about how to collaborate beyond this meeting and in the coming months. Reach out other influencers who share your vision. Look for partners within and outside of the arts sector. Celebrate the strength of your connections and face change with a spirit of innovation. Above all, continue to think big.

Merci


Simon Brault

About the Author: Simon Brault, O.C., O.Q.

Simon Brault is the Director and CEO of the Canada Council for the Arts. Author of No Culture, No Future, a collection of essays on the rise of arts and culture on public agendas, he has participated actively in initiatives such as the Agenda 21C de la culture au Québec. An initiator of Journées de la culture, he was also a founding member and chair of Culture Montréal from 2002 to 2014. In 2015, he received the Quebec CPA Order’s prestigious Outstanding Achievement Award for bringing together “two worlds that were once disparate – the arts and business – an alliance that significantly benefits society at large.” Follow Simon Brault on Twitter: @simon_brault

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